
« A l’écoute des mélodies de la Terre, je trouve localement, taille et polis les marbres et pierres fines, dans un soucis de ne pas (trop) participer à l’exploitation des humains et des matières. Et parce que cette « méthode » permet de trouver les morceaux choisis de pierres inédites qui entrent en résonance avec les bronzes pré-conçus. Ce sont des histoires d’itinéraires faits pour se rencontrer »
Au cours de quelque année universitaire, Sylviane Selma a préféré donner corps au Mémoire de Philosophie de l’art sur Brancusi qu’elle préparait en décidant de suivre elle-même la voie de la sculpture. Itinérante dans l’âme, elle se tourne alors vers le Compagnonnage qui n’accueillait cependant pas encore de femme dans les années 1990. C’est avec passion qu’elle entreprit de « pratiquer la pierre » coûte que coûte jusqu’au jour où un maître d’atelier lui proposa de saisir massette et ciseau et de tailler un bloc posé là. Sur ses gestes « semblables à ceux des anciens » (sic), il l’accueillit dans l’atelier. En 1998, elle obtient un diplôme de taille de pierre à la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment.
C’est en électron libre qu’elle suit alors le fil rouge de la vie. Ce qui l’emmène de chantiers de taille de pierre (châteaux ou prieuré en France) en ateliers d’ornementations (rater un bus au Maroc l’a menée à vivre 6 années au Monastère Deir Mar Musa al Habashi, VIe siècle, dans le désert syrien), de pratique de la chaux décorative avec M. Araba, maître artisan de Valbonne, à la découverte de différentes pierres et marbres dans le monde (Grèce, Turquie, Syrie, Inde, Oman…)
Le dessin est aussi son compagnon d’itinérance. Elle transforme les pigments issus des pierres fines qu’elle trouve localement en pâtes d’aquarelle pour des carnets d’itinérance mais aussi pour des dessins qu’elle offre ou dépose au fil de ses trajets à pied jusqu’au Proche-Orient.
Au fond, pour son âme en exil, la sculpture tout comme la musique et le dessin, sont des moyens de rencontrer le monde. Ils racontent des moments de passage, pont Euxin de l’humain. C’est en effet le moment de la rencontre avec les personnes ou avec les matières éloquentes du monde qui est créateur.
Si la pierre est la base de son activité, elle a aussi pratiqué divers techniques de bronze en Inde et à l’africaine. De 2009 à 2012, elle se consacre à la création d’une fonderie d’art adossée à son ancien atelier près de Nantes où elle réalise aussi des commandes de sculptures et monumentales.
En 2012, elle retourne en Orient et Asie puis choisit en 2017 un pied-à-terre idéal pour ses trouvailles géologiques, marbres ou pierres fines, au coeur du minéral: les Pyrénées.
Depuis 2023, le souffle créatif la ramène vers un sujet de recherche mis en jachère il y a quelques années: la fibre papier.
Ses sculptures font partie de collections privées ou se trouvent dans des lieux publics en France, en Italie, en Allemagne, au Japon, en Syrie, en Inde, en Irlande, en Arabie Saoudite, au Qatar, en Égypte, à Dubaï et au Kurdistan.
